1) Faut-il être intelligent pour devenir un bon gros blairo ? (Question de Madame Chevit de Garge-Les-Gonades)
Chère Madame, tout d'abord anatomiquement le blairo n'ayant pas de cervelle mais un cervelat, la notion même d'intelligence dans son cas demeure problématique ! Mais pour vous mettre un terme à ce suspens insoutenable, je vous répondrai, petite Madame, que "non", vous n'êtes pas obligée d'être ce qu'on appelle "intelligent" pour devenir une blairotte digne de ce nom, car l'intelligenceest une norme immonde qui nous est imposée par l'univers social réel. En fait, dans le jardin de Blairo, le concept "d'intelligence" n'existe pas !2) Puis-je devenir un bon blairo même si j'ai quitté l'école très tôt ? (Question de Mathieu, Seine-Saint-Denis)
Mais pensez tout de même à ces quelques petits exercices tout simples pour vous entraîner à devenir un bon blairo et qui, vous le verrez, sont accessibles aux "moins intelligents" : habituez-vous à ne plus faire usage de votre tête, de votre cerveau et surtout de votre peigne (le piège dans lequel tombe la plupart des candidats blairos les plus attentifs) qui, par frottement de ses dents acérées sur le cuir chevelu (ou non, selon la configuration du système d'exploitation capillaire), active la circulation sanguine autour d'une boîte crânienne souvent caboteuse qui provoque une effervescence neuronale fatale au bon blairo. C'est pour cette raison notamment que nombre de blairos sont échevelés ou ébouriffés, alors que tous sont génétiquement écervelés.
Mathieu, la culture âprement accumulée tout long d'insupportables années de scolarisation stakhanoviste, devient un bagage superflu lorsque l'on se destine à la virtuelle carrière de blairo. En ce sens, blairoland est le plus démocratique et le plus égalitaire des meilleurs des mondes, PUISQUE l'homme-blairo est pris dans sa nature brute sans la corruption des esprits apportée par la culture dominante et institutionnelle. Chacun y a sa place !! Le plus petit dénominateur commun de l'homme-chat, aussi dénommé blairo, étant son cervelat, blairoland offre une contre-partie concrète aux projets idéalistes et illusoires des droits de l'homme pour imposer et réaliser sur nos écrans en folie l'écrasante utopie des "droits du blairo".3) Faut-il avoir lu la "Rhétorique" d'Aristote pour devenir un blairo respectable ? (Anonyme)
CEPENDANT, - et c'est là, Mathieu, que même toi tu es en danger, (sois vigilant mon garçon !) - fort des découvertes du sociologue bein réel Pierre Bourdieu, nous pouvons affirmer avec certitude que la culture dominante a réussi à infecter artificiellement les esprits les plus rebelles et qu'une cure de désintoxication socio-culturelle est nécessaire et à conseiller à tous ceux sans exception qui ne désirent rien d'autre que la réussite totale de leur blairo-projet. Toutefois, et pour finir par une note des plus rassurantes, on remarquera que d'un point de vue statistique, les plus belles carrières sont souvent à l'actif d'êtres humains très tôt exclus du système scolaire réel ! Donc, oublie ce que la société t'a inculqué (tu devrais y arriver sans problème), oublie toutes ces contraintes socio-culturelles et une brillante carrière de blairo s'offrira à toi, je te le promets !
Pour être franc et direct, je répondrai "non" à cette question toutefois légitime. En fait, il ne sert même à rien d'avoir appris l'orthographe, la grammaire, la syntaxe, les synonymes, les genres, les pluriels, les verbes irréguliers pour entrer dans la communauté secrète des blairos. Ces bagages considérés comme respectables et signes d'un certain niveau social dans le monde dit "réel" (laissez-moi rire) ne seront que contre-productifs à Blairoland. Il faut être direct, efficace, simple, brut, sans fioritues, il faut agir vite, répondre du tac au tac, et veiller à l'économie des moyens linguistiques mis en jeu. Finis les phrases pompeuses, les déclamations pseudo-poétiques, les explications scientifiques, il faut consolider sa présence virtuelle par une exagération de sa présence linguistique et donc accumuler les réactions brèves et rapides, quasi (blai)robotisées. Car enfin, le principe du chat est une conversation calquée sur le mode du langage oral, mais réalisée avec des moyens techniques lents : clavier, souris. Or, comme la discussion sur le mode de langage oral a un débit beaucoup plus rapide et qu'il permet les interruptions, les interventions polyphoniques et j'en passe..., le blairo, ou homme-chat, ne peut se sentir comme dans un poisson (-chat) dans l'eau que s'il ruse afin de surmonter les lenteurs structurelles du chat comme phénomène technique. La seule solution, qui d'ailleurs d'un point de vue historique s'est imposée de manière rapide et non concertée, fut l'économie linguisitique : réduction de l'orthographe à la phonétique quasiment pure, rédution de la syntaxe au minimum compréhensible, emploi forcené d'abréviations codées.
4) Un blairo peut-il se déguiser ? (Sandrine, 7 ans)
Bien sûr, Sandrine, un blairo peut se déguiser. Procède comme suit : prends tout d'abord dans la cuisine de maman une grande feuille de papier aluminium (la marque importe peu), ensuite enroule-toi dedans, replis-en soigneusement les extrémités pour faire en sorte que l'ensemble tienne bien !
Ma chère Sandrine, tu peux retourner t'asseoir sereinement à ton ordinateur, te voilà déguisée en "reste de pizza" !
Bisous !